dimanche 31 décembre 2006

Grille d'analyse de collection n°4 : "Télécharger.com"

Présentation de la collection

Nom de la collection : « Télécharger.com : logiciels »

URL : http://www.01net.com/telecharger/

Domaine : informatique

Responsables/collaborateurs : collection créée par la société privé « Groupes Tests ».

Chronologie du projet : non indiquée.

Objectif de la collection : permettre aux internautes de télécharger des logiciels informatiques gratuitement.

Public visé : tout public

Organisation intellectuelle de la collection

Description du fonds : cette collection se compose de logiciels informatiques de nature diverse (bureautique, développement, multimédia, etc.) et pouvant être téléchargés en version gratuite soit complète (freeware), soit limitée dans le temps (shareware) ou soit en version « allégée » d’un logiciel commercialisé (démonstration).

Présentation du fonds et qualité des textes introductifs : il n’y a pas de présentation du contenu du fonds ou de la raison de la création de cette collection.

Cohérence de la sélection documentaire : grande cohérence de la sélection, l’ensemble des thématiques est largement couverte et les logiciels proposés sont de qualité.

Base de donnée commune ou propre : il s’agit d’une base de donnée commune au site 01net. Ainsi lorsqu’on lance une interrogation pour trouver un logiciel des articles seront aussi proposés dans les résultats bien que ne faisant pas partie de la collection de logiciels.

Indexation : les logiciels sont indexés en fonction du système d’exploitation visé (Windows, Mac ou Lynux), du domaine concerné (dix au total dont «Bureautique », « Internet », « Jeux », « Utilitaires », etc.) et d’un sous-domaine permettant d’affiner encore l’indexation. Une autre indexation dépend de la version du logiciel (« gratuit », « shareware » et « démonstration »).

Métadonnées internes ou externes :
Métadonnées externes – une notice composée d’un texte de présentation rédigé par l’équipe de « 01net » ( un autre texte de présentation intitulé « Présentation par l’auteur », est parfois disponible), de commentaires laissés par les utilisateurs dans la partie « avis des utilisateurs » et d’une fiche technique intitulée « informations sur ce logiciel » qui précise des informations telles que la taille du fichier, la configuration minimale requise, le temps de téléchargement, etc.
Métadonnées internes – pas de métadonnées en dehors du type du fichier (par exemple « archive WinRAR Zip »).

Modes d’interrogation de la base : un unique champs « Rechercher » permet de lancer une interrogation de la base de donnée. Il est possible de consulter le contenu de la collection à partir d’entrées thématiques (« Bureautique », « Internet », etc.). Les résultats d’une recherche sont affichés sous forme d’une liste de liens renvoyant aux notices descriptives des logiciels. Les résultats peuvent être triés par langue, date et nombre de téléchargement.

Statut juridique des documents : le droit d’auteur des créateurs et éditeurs est respecté, les logiciels ne peuvent être commercialisés.

Nombres et pertinence des liens vers d’autres sites ; inscription dans un environnement intellectuel : lors de l’affichage de la notice d’un logiciel une série de liens commerciaux vers des produits similaires est proposé.

Consultation des documents

Description technique : lorsque les fichiers sont volumineux ils sont téléchargeables en version compressée au format « archive WinRAR Zip ». Une fois télécharger le fichier doit décompressé puis exécuté pour que le logiciel soit installé. S’ils ne sont pas trop volumineux les fichiers sont téléchargés directement au format « application » (« setup ») et l’installation peut être lancée directement.

Fonctionnalités proposées en plus de la visualisation : une partie intitulée « avis des utilisateurs » permet de lire les commentaires laissés ou d’en écrire soit même et d’attribuer une note au logiciel.

Caractéristiques du site

Métadonnées : le nom du site « 01net. » puis le nom de la page sont inscris dans le champs du navigateur. La ligne « Meta Name = Keywords » de la page du code source est remplie d’une quarantaine de mots-clefs.

Rapidité et simplicité de la navigation : la navigation entre les pages est très fluide et intuitive grâce à l’utilisation d’onglets et de liens permettant de revenir simplement en arrière lors d’une recherche.

Aide à la navigation : pas d’aide particulière.

Multilinguisme des instructions : pas de multilinguisme.

Qualité du graphisme, lisibilité et confort visuel des pages : le graphisme du site est très soigné. La mise en page (agencement, typographies, etc.) permet une visualisation et une lecture agréable.

Possibilité de communication : un « espace nous contacter » est prévu à partir duquel il est possible de laisser un message.

Adaptation du site aux personnes handicapées : pas de fonctionnalités particulières.


Mon avis :

J’ai choisi d’étudier cette collection car il ne s’agit pas d’une collection numérique « classique », à telle point que son statut de « collection » pourrait être contesté. Une collection n’est pas seulement un « regroupement » hétéroclite de ressources réunies au « petit bonheur la chance ». Une certaine cohérence doit être respectée, les documents doivent être regroupés en fonction d’une logique interne à la collection. C’est donc bien l’existence d’une démarche intellectuelle qui confère le statut de « collection » à cet assemblage de ressources diverses. A contrario on pourrait l’exemple de site comme dailymotion ou Youtube qui ne sont selon moi pas des collections mais de simple plate-forme de stockage et de diffusion de vidéo puisqu’aucune démarche intellectuelle ne décide de ce qui doit être archivé ou non. Or il me semble qu’ici cette cohérence, cette démarche structurante est respectée. Cette collection est organisée, complète et pérenne, c’est donc la nature des documents qui la compose qui n’est pas habituel.

samedi 30 décembre 2006

Grille d'analyse de collection n°3 : "Archives pour tous"

Présentation de la collection
Nom de la collection : « Archives pour tous »
Domaine : audiovisuel
Responsables/collaborateurs : la collection « Archives pour tous » a été créée par l’Institut National de l’Audiovisuel (INA).

Objectif de la collection : L’INA met à disposition des internautes une partie du fonds qu’elle numérise dans le cadre de son « Plan de Sauvegarde et de Numérisation (PSN) » des archives de la radio-télévision française, débuté en 1999.

Public visé : Tout public

Organisation intellectuelle de la collection

Description du fonds : émissions radiodiffusées et télédiffusées archivées et numérisées par l’INA. Le nombre de 100 000 documents est annoncé mais ce compte n’est pas à jour, la collection étant alimentée régulièrement.

Présentation du fonds et qualité des textes introductifs : Un unique paragraphe sur le site de l’INA présente brièvement le contenu de cette collection. On ne trouve aucunes informations sur les pages d’ «Archives pour tous » qui en préciseraient ce contenu ou l’objectif du projet, son historique.

Cohérence de la sélection documentaire : Le fonds est hétérogène mais représentatif de la diversité des sources archivées par l’INA.

Base de donnée commune ou propre : cette collection utilise une base de donnée propre.

Indexation : Les documents sont indexés par thématiques (« thèmes », « personnalité », « époque », « programmes » et « après les cours ») et par mots-clefs. Il est pourtant à noter qu’aucunes indications sur les mots-clefs utilisés n’est donnée dans la notice des documents, c’est le contenu de la colonne « Rebondir » qui nous en donne une idée.
Métadonnées internes ou externes :
Métadonnées externe – une « fiche média » renseigne sur le titre, la source, la date de diffusion et sur la duré du document. On trouve aussi un résumé du contenu en langage naturel.
Métadonnées internes – le téléchargement des documents étant payant je n’ai pas d’informations sur d’éventuelles métadonnées internes.

Modes d’interrogation de la base :
Un mode de recherche « simple » avec un champ toujours disponible en en-tête. Il est possible d’accéder à une recherche « avancée » en tapant « entrer » dans ce champ. On peut alors croiser ce champ avec les champs « genre », « chaine », « type » et « date ».
Il est à noter que la recherche porte sur l’ensemble de la fiche descriptive du document (mots-clefs, source, mais aussi sur le résumé en langage naturel qui compose la notice).
Le fonds peut aussi être consulté en utilisant les entrées thématique (« thèmes », « personnalité », « époque », « programmes », « journal de votre naissance », « après les cours », etc.).

Statut juridique des documents : Les documents qui composent cette collection sont visionnables gratuitement en ligne (il s’agit de documents complets ou d’extraits de documents payant) et peuvent être achetés ou loués, pour un usage privé exclusivement. De gros efforts sont faits par l’INA pour que le droit d’auteur des documents soit respecté. Ainsi deux systèmes de protection sont utilisés, le « cryptage » et le « tatouage ».

Consultation des documents

Description technique : les documents visuels et sonores sont « visonnables » au format QuickTime.

Affichage : une fenêtre s’ouvre lorsque l’on clique sur une référence, qui intègre le logiciel de visualisation et la « Fiche média » descriptive du document. Les archives gratuites sont visionnables uniquement en petit format.

Logiciel de visualisation : le logiciel de visualisation utilisé, ActiveX, est intégré au navigateur lors de la consultation en ligne.

Lisibilité des documents : les documents tant visuels que sonores sont de très bonne qualité.

Fonctionnalités proposées en plus de la visualisation : Une colonne « Rebondir vers d’autre médias » permet de prolonger la navigation vers d’autres archives à partir des mots-clefs utilisés pour indexer le document. Une partie « En savoir plus » propose aussi une série de liens vers d’autres archives similaires.

Caractéristiques du site

Métadonnées : « INA - archives pour tous » est écrit dans le champ du navigateur.

Rapidité et simplicité de la navigation : la navigation entre les ressources est rapide et intuitive grâce à une présentation en « arborescence » (succession de menus déroulant qui permettent une navigation rapide entre les dossiers et sous-dossiers).

Aide à la navigation : un « mode d’emploi » détaillé est disponible à partir de l’onglet « aide » (bas de page).

Multilinguisme des instructions : pas de multilinguisme.

Qualité du graphisme, lisibilité et confort visuel des pages : L’esthétique du site à été très travaillée. Le graphisme et la mise en forme sont agréables et permettent une lecture aisée des pages.

Possibilité de communication : une page « contact » est disponible à partir de laquelle il est possible de laisser un message.

Adaptation du site aux personnes handicapées : pas de fonctionnalités particulière prévues.

Mon avis

Mon avis sur cette collection est plutôt mitigé. D’une part positif quand au rendu visuel des pages, à l’affichage des résultats et à la navigation d’une manière générale. En effet l’esthétique du site est très agréable, à la fois coloré et lisible et l’affichage des résultats en « arborescence » est très bien pensé (réalisé à partir de menus déroulants juxtaposés). En outre les fonctionnalités tels que « Rebondir… », « En savoir plus » ou encore les catégories « Partager » et « Apprendre » en font une collection très ludique.

D’autre part quelques « points noir » d’importance sont à relever. Le premier problème tient au fait qu’aucune indication sur l’indexation des documents n’est fournie sur la fiche média (la colonne « rebondir » propose une série de mots-clefs mais on ne sait pas si elle est exhaustive). On peut ainsi arriver à une archive via une entrée thématique sans savoir si ce même document est accessible via une autre entrée. Un second problème tient au mode recherche qui n’est pas assez complet. Il n’y a pas assez de champs disponibles. Du coup les recherches sont trop aléatoire, imprécises.

Cette collection fait donc plus penser à une « vitrine » des archives de l’INA, conçue dans un esprit ludique de découverte, qu’a un outil de recherche et d’exploitation sérieux de ce fonds.

jeudi 14 décembre 2006

Fiche de lecture n°3 : « La documentation numérique : concurrences et rivalités »

Notice bibliographique : Le Moal, Jean-Claude, « La documentation numérique : Concurrences et rivalités », BBF, 2002, n° 1, p. 68-72[en ligne] Consulté le 14 décembre 2006
Mots-clefs : édition, bibliothèque

lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2002/01/document.xsp?id=bbf-2002-01-0068-007/2002/01/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non

Résumé :

Le développement d’Internet à modifié les rapports entre les acteurs de la chaîne de création et de diffusion du savoir. L’édition numérique permet de s’affranchir des contraintes de l’imprimé (coûts et logistique importante), tout un chacun peut ainsi éditer lui-même et diffuser directement, sans intermédiaire, ses œuvres. De nouvelles concurrences sont donc apparues entre auteurs, éditeurs et intermédiaires de la chaîne de diffusion de l’information, chacun voyant son « champ » d’activité modifié. Parmi ces intermédiaires se trouvent les bibliothèques.

L’édition en ligne, puisqu’elle permet de diffuser instantanément et à moindres coûts une œuvre, concurrence et court-circuite en quelque sorte les bibliothèques. Celles-ci jouent traditionnellement le rôle d’intermédiaire à la diffusion de l’information : elles repèrent, sélectionnent et mettent à disposition des ressources pour leurs usagers. Hors on assiste depuis plusieurs années au développement de la diffusion d’informations directement d’un producteur (auteur, éditeur) vers un récepteur (lecteur), ce qui exclue donc l’intervention des bibliothèques.

Ce phénomène touche particulièrement le monde de la recherche où le mouvement des « archives ouvertes » fait son chemin. Il s’agit pour un chercheur de rendre accessible gratuitement le résultat de ses recherches sans passer par un éditeur commerciale. Il peut « auto-archiver » ses articles, c'est-à-dire les déposer dans une base (par exemple une base de pré-publications, comme la collection HAL du CCSD) où ils seront librement consultables ou encore publier dans un périodique gratuit (dans ce cas c’est l’auteur qui paie pour être publié). L’objectif de ce mouvement est avant tout de s’émanciper des grands éditeurs scientifiques qui profitent de leur position pour imposer des tarifs d’abonnement excessivement élevés, ce qui freine la diffusion du savoir.

En même temps de nouveaux intermédiaires entre en concurrence avec les bibliothèques, par exemple les éditeurs proposant leurs titres en consultation directe ou encore les producteurs de bases de données comprenant des documents en texte intégral. En outre les éditeurs, avec le passage aux périodiques électroniques, ont substitués au droit de détention du document acquis par abonnement « papier », un simple droit de consultation pour les revues électroniques. Ainsi c’est l’éditeur qui archive les revues sur ses propres serveurs et lorsqu’un abonnement prend fin on a généralement plus accès aux numéros précédemment acquis (les antériorités) même si des évolutions se font jour dans ce domaine.

Il est à noter aussi que le web favorise une certaine forme de concurrence entre bibliothèques. En effet là où la collaboration et la mutualisation devraient être une priorité, on constate au contraire une profusion d’initiatives isolées favorisant les redondances d’informations. C’est le cas lorsque des bibliothèques archivent sur leurs propres serveurs des ressources accessibles en ligne. Il fait donc poursuivre l’activité des réseaux afin d’optimiser l’action des bibliothèques. Les consortiums créés afin de négocier avec les éditeurs au nom de leurs adhérents sont un exemple de l’évolution de l’activité des réseaux (par exemple le consortium Couperin). De même concernant la numérisation des fonds il faut aussi chercher la coordination afin d’effectuer les choix les plus judicieux.

Ces multiples formes de concurrences font croire à certains que les bibliothèques, et à fortiori des bibliothécaires, sont aujourd’hui inutiles. Hors l’intégration de l’outil numérique, du web, donne aux bibliothèques la capacité de développer des services en adéquation avec les besoins actuels. Il faut donc s’approprier ces nouveaux outils et favoriser la coopération et la mutualisation entre établissements afin que les bibliothèques, de toutes sortes, trouvent leur place dans la société de l’information.


Commentaire :

Le développement du numérique a considérablement transformé le modèle traditionnel de la chaîne éditorial. Le rôle de chaque acteur est devenu moins clairement délimité, il y a eu « chevauchement » des domaine d’interventions, auteurs et éditeurs pouvant aisément éditer eux-mêmes leurs ressources. De nouvelles concurrences se sont ainsi développées. Cette évolution n’a pas épargné les bibliothèques dont la fin fut annoncé comme le fut celle du document papier. Il est vrai qu’Internet, en temps que fantastique réservoir d’information, concurrence les bibliothèques dans leur rôle de diffuseur d’information, de nombreuses ressources pertinentes étant accessibles instantanément aux internautes.

Pourtant cette prédiction ne tient pas compte du savoir-faire des professionnels de la documentation en matière de gestion et de référencement des ressources. Car la croissance exponentielle des informations rend aussi beaucoup plus délicat leur repérage et leur évaluation. En cela les documentalistes apportent une réelle plus-value à l’information qu’ils diffusent puisqu’un travail de sélection et de validation est effectué en amont. Le métier de la documentation peut donc tirer avantage de cette situation est faire valoir des compétences de gestion de l’information devenue primordiale à l’ère, justement, de l’information.

La collaboration entre établissements au travers, par exemple de réseaux et de consortiums est un moyen d’optimiser le travail des bibliothèques. Répartir les fonds et les coûts permet d’envisager une politique documentaire globale, dépassant les contingences locales. Les fonds ainsi constitués gagne en variété tout en étant clairement référencés. En outre l’acquisition et la diffusion de l’information ont toujours un coût. Dans bien des cas les contraintes économiques freinent la constitution de collections et le maintient de leur diversité. La mutualisation est alors un moyen efficace de surmonter ces contraintes financières au profit de la qualité des fonds.

Les professionnels de la documentation ont aujourd’hui les moyens d’intégrer les évolutions technologiques pour enrichir la gamme des services qu’ils peuvent proposer. Il faut mettre à profit ces avancés et suivre l’évolution des besoins des usagers. De nos jour la bibliothèque n’est plus seulement un lieu de stockage du savoir, un simple centre de ressources, elle devient actrice du référencement du « puit-sans-fond » du savoir qu’est le web.

dimanche 10 décembre 2006

Grille d'analyse de collection n°2 : "Gallica Utopie"

Présentation de la collection

Nom de la collection : Gallica Utopie

URL : http://gallica.bnf.fr/utopie/

Domaine : Littérature.

Responsables/collaborateurs : Développée par Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.

Chronologie du projet : 2000.

Objectifs de la collection : Cette collection est constituée d’un ensemble de textes concernant le sujet de l’utopie. Elle à été réalisée à l’occasion de la présentation d’une exposition, organisée conjointement par la New York Public Library et la Bibliothèque nationale de France, intitulée "UTOPIE la quête de la société idéale en Occident" (4 avril - 9 juillet 2000).

Public visé : Grand public.

Organisation intellectuelle de la collection

Description du fonds : À peu près 500 ouvrages sont consultables, en mode image pour la plupart ou en texte intégral pour certains. Ces ouvrages ont été publiés entre 1467 et le début du XXe siècle.

Présentation du fonds et qualité des textes introductifs : Sur le site de Gallica deux lignes présentent succinctement l’historique de la collection. Sur le site de la collection trois textes, intitulés « introduction », « Qu’est ce que l’utopie ?» et « Bibliothèque utopique » définissent le concept d’utopie et décrivent le contenu de la collection.

Cohérence de la sélection documentaire : La cohérence de la collection tient au sujet traité, l’utopie.

Base de donnée commune ou propre : Les ouvrages en texte intégral sont extraits de la base de données textuelles Frantext, réalisée par l'Institut National de la Langue Française (INaLF).

Indexation : Les documents sont indexés par sujet (ex : histoire, idée politique, etc.). Ce champ est parfois intitulé «Lien à la collection ».

Métadonnées internes ou externes :
Concernant les métadonnées externes on trouve sur le site, pour chaque document, une notice contenant les champs suivants : « Type », « Auteur(s) », « Titre(s)», « Type de ressource électronique » « Publication », « Description matérielle », « Reproduction », « Autre(s) forme(s) du titre », « Sujet(s) » (ou « Lien à la collection ») et « Notice n° ». Par contre aucune métadonnée interne n’est disponible.

Modes d’interrogation de la base : Curieusement aucun mode de recherche n’est proposé. Cependant le contenu de la collection peut être consulté suivant différentes vues : soit dans sa totalité avec une classification par siècle de parution, soit en fonction de quatre thématiques (« Sources de l’utopie », « Architectes visionnaires », « Voyages imaginaires » et « Utopies socialiste »).

Statut juridique des documents :
Les documents en mode image son librement téléchargeables et utilisables dans un cadre privé. Par contre toute utilisation publique des ces documents nécessitent d’obtenir une autorisation de reproduction (formulaire à remplir). Les ouvrages de la base de données Frantext ne peuvent être reproduit qu’après autorisation.

Nombres et pertinence des liens vers d’autres sites ; inscription dans un environnement intellectuel : Une série de liens renvoyant à des sites, consacrés au thème de l’utopie ou proposant des ouvrages en texte intégral, est proposée sur une page intitulée « Autres sites ».

Consultation des documents

Description technique : Les ouvrages, numérisés, sont consultables en mode image sauf pour quelque uns consultables en textes intégrale (les textes ont étés retapés).

Affichage : Une fenêtre de visualisation apparaît lorsque l’on clique sur le lien correspondant. Plusieurs types de visualisation des document en mode image sont alors disponibles (« Notice », « Pagination », « Chemin de fer » et « Texte seul »).

Logiciel de visualisation : Lors de la consultation sur le site de la collection le logiciel de visualisation est intégré à la page consulté. Les documents téléchargés, en format PDF ou TIFF, sont visualisables avec des logiciels de visualisation prenant en charge ces formats (Adobe pour le PDF).

Lisibilité des documents : La qualité des documents présentés n’est pas très bonne. La numérisation a été effectuée en noir et blanc.

Fonctionnalités proposées en plus de la visualisation : Il est possible de télécharger le document image consulté (impossible dans le cas des documents en texte intégral). Dans ce cas il faut remplir un formulaire en indiquant les pages que l’on souhaite télécharger ainsi que le format désiré (PDF ou TIFF). Un document est ensuite généré au format voulu, stocké sur le serveur de la collection et téléchargeable par l’utilisateur.
Il est aussi possible de faire une demande de reproduction des documents images et en texte intégral. Un formulaire de demande doit alors être remplis. Il est stipulé que l’autorisation de reproduction dépend du statut juridique du document et de l’usage qui en sera fait.

Caractéristiques du site

Métadonnées : Le nom de la collection est indiqué en haut des pages du site, dans le champ du navigateur.

Rapidité et simplicité de la navigation : L’affichage des pages est fluide et la structuration de la page est claire et lisible.

Aide à la navigation : Aucune aide n’est proposée.

Multilinguisme des instructions : Cette fonctionnalité n’est pas disponible.

Qualité du graphisme, lisibilité et confort visuel des pages : Le graphisme du site, sobre, est agréable.

Possibilité de communication : Cette fonctionnalité n’est pas disponible.

Adaptation du site aux personnes handicapées : Aucune option n’est proposée.


Mon avis :

Cette collection présente selon moi l’inconvénient de ne pas proposer de moteur de recherche. Pour une collection de 500 ouvrages cela est très problématique. La consultation du fonds par le défilement de la liste des titres est vraiment fastidieuse. Ceci donne un aspect assez anecdotique à cette collection qui semble n’avoir été constitué que comme « élément promotionnel » à l’occasion de l’exposition sur l’utopie. Pourtant le fonds est de qualité, il est intéressant de pouvoir consulter des textes classiques vieux pour certain de plusieurs siècles. En outre je trouve que la fenêtre de visualisation des documents à été vraiment bien pensé. La possibilité de pouvoir afficher un menu déroulant des pages est tout à fait adapté à la consultation de documents numérisé. La qualité de la numérisation laisse peut être à désirer mais en même temps la mauvaise qualité des supports et des typographies des ouvrages les plus anciens ne rendent pas la tâche aisée. En conséquence je dirais qu’hormis l’absence de moteur de recherche et des quelques fonctionnalités, on retrouve dans la réalisation de cette collection le sérieux de l’équipe de la bibliothèque numérique Gallica.

Grille d'analyse de collection n°1 : "Hyper Article en Ligne (HAL)"

Présentation de la collection

Nom de la collection : « Hyper Article en Ligne » (HAL)

URL : http://hal.archives-ouvertes.fr/

Domaine : Toutes disciplines universitaires.

Responsables/collaborateurs : Développée par le Centre pour la Communication Scientifique Direct (CCSD), en collaboration avec le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (INRIA).

Objectif de la collection :
Cette collection est alimentée par les chercheurs eux-mêmes selon le principe de l’auto-archivage. Ils déposent gratuitement leurs articles sur le serveur HAL, administré par le CCSD, qui deviennent dès lors librement consultables. Plus qu’une simple collection numérique il s’agit d’un outil ayant vocation, selon le CCSD, à « permettre une communication directe entre les chercheurs » et à « optimiser la visibilité, l'accessibilité, la rapidité de diffusion et l'impact des productions déposées ». Des parties de cette collection sont aussi consultables indépendamment, via des portails thématiques tels que HAL-INRIA, HAL-INSERM ou TEL pour les thèses, accessibles à partir du site du CCSD et de HAL. Ceux-ci reproduisent, avec plus ou moins de variations, la structure et le graphisme de l’interface HAL et intègrent partiellement le contenu de cette collection.
Nous nous intéresserons ici à la collection principale, HAL, et à son interface.

Public visé : Chercheurs.

Organisation intellectuelle de la collection

Description du fonds : 33 712 documents au moment de la dernière consultation, le 04/11/06. Ce sont uniquement des documents écrits, de langue Française, Anglaise ou Espagnole. Il s’agit principalement d’articles scientifiques mais aussi de mémoires de thèses ou d’habilitation et de notices bibliographiques, disponibles en texte intégral sauf pour les notices bibliographiques. On trouve aussi des documents dits « documents annexes », ayant servis lors d’une présentation orale du document principal (fichier de présentation d’un séminaire ou d’une soutenance de thèse par exemple), et qui sont archivés avec le document principal.

Présentation de la collection : Un texte introductif sur la page d’accueil présente les objectifs de la collection. Par contre le contenu n’en est pas détaillé, le texte introductif parle simplement de «documents scientifiques de toutes les disciplines ».

Cohérence de la sélection documentaire : la cohérence de cette collection tient à la rigueur rédactionnelle et scientifique des articles archivés et au fait qu’ils doivent concerner une discipline universitaire.

Base de donnée commune ou propre : HAL est une base de donnée commune à plusieurs collections (HAL-INRIA, HAL-SHS, etc.) qui sont elles-mêmes consultables indépendamment.
Indexation : Il y a une double indexation, par domaine et par mots-clefs. Par contre le thésaurus est propre et ne semble pas être normalisé. On trouve en effet des mots-clefs en Français, Anglais ou encore Espagnol suivant la langue du document. Ceci s’explique par le fait que les auteurs indexent eux-mêmes leurs articles.

Métadonnées internes ou externes : On trouve pour chaque document une notice appelée « Fiche détaillée » proposant un résumé du texte, la liste du ou des auteurs et des organismes auxquels ils appartiennent, les domaines scientifiques concernés, des mots-clefs ainsi que le lien vers le document. Le document visualisé contient quant à lui le nom de l’auteur, sa fonction, le titre de l’article ainsi qu’une date de rédaction.

Modes de consultation et d’interrogation de la base :
Il est possible de consulter directement ou d’interroger le contenu de la base. Les ressources sont consultables par domaines, par année de publication ou encore par type de publication. D’autres types de consultations sont disponibles (par collection, par environnement, etc.) mais elles renvoient aux portails secondaires de HAL.
Deux types de recherche sont proposés, « simple » et « avancée ». La recherche simple permet d’interroger la base à partir d’un champ (dix au total dont auteur, titre, année, mots-clefs, etc.) ou de tout les champs. La recherche avancée permet d’utiliser jusqu’à quatre champs (dix-huit au total). Pour chaqu’un de ces quatre champs plusieurs opérateurs sont disponibles (contient, est exactement, commence par, finit par, supérieur ou inférieur). Il est aussi possible de croiser les champs entre eux en utilisant les opérateurs booléens et, ou, sauf.
Pour ces deux types de recherches il est possible de trier les résultats en fonction de la date, du titre ou du premier auteur du document et d’inclure ou non aux résultats de la recherche les notices bibliographiques. Un accès par numéro d’identifiant est aussi prévu de même qu’un lien vers le portails TEL pour les recherches de thèses.

Statut juridique des documents : les documents archivés restent la propriété de leurs auteurs. Par contre l’archivage est permanent, un auteur ne peut pas retirer un document qu’il a archivé.

Nombres et pertinence des liens vers d’autres sites ; inscription dans un environnement intellectuel : Deux liens sont proposés. Le premier vers le site « ROMEO : politiques des éditeurs et archives ouvertes », le second vers le site « Libre accès à l’information scientifique et technique ».

Consultation des documents

Description technique : Les documents sont disponibles sous forme de fichiers visualisables au format PDF et parfois aussi au format PS.

Affichage : Une fenêtre de visualisation s’ouvre lorsque l’on clique sur le lien du document à partir de sa notice.

Logiciel de visualisation : Acrobat Reader pour le format PDF ou un logiciel de lecture spécifique pour le format PS.

Lisibilité des documents : Excellente qualité et lisibilité.

Fonctionnalités proposées en plus de la visualisation : Il est possible d’enregistrer les documents.

Caractéristiques du site

Métadonnées : Le titre de la page est indiqué.

Rapidité et simplicité de la navigation : La navigation est relativement aisée du fait de la présence d’onglets donnant accès aux différents types de consultation et de recherches possibles. Le style épuré de l’interface à l’avantage de simplifier la navigation.

Aide à la navigation : Un guide d’utilisation complet est disponible via un lien intitulé « manuel et informations ».

Multilinguisme des instructions : Une version anglaise du site est disponible.
Qualité du graphisme, lisibilité et confort visuel des pages : Le graphisme du site est sobre mais agréable, et très lisible. Les couleurs choisies, bleu et blanc, reprennent la charte graphique du site du CCSD.

Possibilité de communication : Rien de prévu en dehors des communications pour publication.

Adaptation du site aux personnes handicapées : Rien de prévu

Avis personnel

Cette collection à la particularité d’être ce que l’on pourrait appeler, une collection « ouverte », car ce sont les chercheurs qui l’alimentent régulièrement de leurs articles. On pourrait pourtant contester ce statut de collection car HAL a été conçu comme un outil devant permettre aux chercheurs de diffuser leurs écrits selon le principe de l’archivage libre. Cette finalité (comme tout outil en possède), de permettre une communication direct des résultats de la recherche, n’en altère pas pour autant son statut de collection. En effet malgré la diversité des thématiques abordées la cohérence de l’ensemble est maintenue grâce, d’une part, à la rigueur scientifique des articles déposés et grâce, d’autre part, aux efforts fournis pour normaliser la forme et la structure des documents (formats PDF ou PS uniquement ; les auteurs doivent respecter le modèle de DOI proposé par le CCSD) et des métadonnées (même si l’indexation reste libre).
Bien sûr l’ergonomie de l’interface pourrait être améliorée, celle-ci étant à l’heure actuelle, malgré sa clarté, assez peu attractive. Mais le public visé étant déjà spécifique (le monde de la recherche) les impératifs diffèrent d’avec le grand public. Pour finir je dirais qu’il s’agit à mon sens d’une collection originale de par sa double nature (outil et collection) et qui a le mérite d’être un projet aboutit et très bien pensé d’archive ouverte.

Fiche de lecture n°2 : « Les acquisitions dans le contexte électronique »

Notice bibliographique : Cavalier, François, « Les acquisitions dans le contexte électronique », BBF, 2006, n° 1, p. 62-65[en ligne] Consulté le 04 décembre 2006

Mots-clefs : acquisition, ressource électronique
Lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2006/01/document.xsp?id=bbf-2006-01-0062-010/2006/01/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non


Résumé :

Dans cet article François Cavalier dresse un panorama des modèles économiques actuels d’acquisition de ressources électroniques et en analyse les implications pour les bibliothèques. Il s’intéresse plus particulièrement à l’acquisition de ressources au moyen des consortiums et souligne l’importance du rôle qu’ils ont à jouer.

Il dénombre actuellement cinq modèles économiques principaux. Le modèle « Papier + électronique (surcoût électronique : E-fee) » : Ici l’établissement paie un droit d’accès à la consultation en ligne de la totalité ou d’une partie de la collection d’un fournisseur, en plus de son abonnement à la version « papier ». Ce droit de consultation prend fin quand la redevance n’est plus payée. Les modèles « Electronique + papier (Remise sur papier : DDP) » et « Tout électronique (E-only) » : Dans ces cas il n’y a pas d’abonnement à la collection papier mais uniquement à la version électronique. Le prix de cet abonnement est équivalent à celui de l’imprimé mais le prix d’acquisition des documents papier est plus faible. Pour finir les modèles d’« Échantillonnage suivant la taille de l’établissement », où le prix est fonction du nombre d’usagers, et le « Paiement à la transaction (pay per view) » où l’on paye la consultation de documents à l’unité.

Dans tout ces cas l’archivage des ressources électroniques est effectué par le fournisseur lui-même, sur ses propres serveurs. La bibliothèque n’a donc qu’un droit d’usage sur les documents, non de détention. Au contraire l’acquisition d’imprimé permettait à l’acheteur de détenir physiquement les documents acquis. Le risque encouru est que le fournisseur, soumis aux lois du marché, fasse faillite. Dans ce cas les archives sont tout bonnement perdues. C’est donc la question de la pérennité des collections électroniques constituées par les bibliothèques qui est mise en question. François Cavalier évoque comme solution à ce problème le cas de l’université de Strasbourg, membre du consortium Couperin, qui a obtenue le droit d’archiver sur ses propres serveurs, les données obtenues par son abonnement à Science Direct et ainsi d’assurer la pérennité de sa collection.

Ces modèles économiques ont en outre favorisé l’émergence de nouvelles pratiques commerciales chez les fournisseurs d’abonnements, qui possèdent généralement d’important « portefeuilles » de titres. Ceux-ci vendent les abonnements par « packs » moyennant des prix plus attractifs que pour les abonnements au détail. Par contre le contenu de ces « packs » est imposé par le fournisseur, l’acheteur ne peut le modifier. Il peut s’agir de packs comprenant l’ensemble des titres du catalogue ou encore de packs plus restreints, limité à quelques titres prédéfinis. La conséquence pour les bibliothèques membres de consortium est qu’elle se trouve obliger de payer pour tout un ensemble d’abonnements à des collections, qui pour certaines, leur sont inutile. C’est ce qui ressort notamment de la dernière négociation (au moment de la rédaction de cet article) d’importants organismes scientifiques avec le fournisseur Science Direct. Les choix de chacun de ces établissements, dans les différents « packs » proposés par ce fournisseur, ne se recoupaient dans le meilleur des cas qu’à 70%. La solution qui s’impose alors est celle de l’abonnement à la totalité du catalogue.

Cette standardisation de l’offre des fournisseurs à une autre conséquence, celle d’uniformiser l’offre documentaire des établissements d’enseignement supérieur, d’homogénéiser les ressources proposées. Ceci bouleverse l’activité traditionnelle des réseaux de bibliothèques. Au « temps » de l’imprimé, qui impose une restriction du nombre des collections de chaque établissements (manque de place, coûts du maintient des stocks) ce mode de coopération permettait d’assurer l’accès à une grande variété de ressources, via par exemple le prêt entre établissements. Aujourd’hui les bibliothèques ne demande plus au « réseau » d’assurer cette variété, puisque chaque établissement à accès en ligne aux mêmes collections, mais de jouer le rôle de « négociateur » face aux fournisseurs. C’est le rôle que joue les consortiums qui en même temps dynamisent et renforcent les réseaux par leurs actions. Il est à noter que cette uniformisation peut aussi être considéré comme positive car elle permet aux chercheurs, indépendamment de leur lieu d’exercice et de leur discipline, d’accéder à un même « réservoir » de ressources.


Commentaire :

Les consortiums sont nés d’une réaction aux « abus » des fournisseurs de ressources électroniques. Je voudrais préciser avant tout ce que l’on entend ici par ressources électroniques.

Les bibliothèques « scientifiques et techniques » (bibliothèques d’universités, de laboratoires, etc.) bien que moins visibles que leurs consoeurs grand public (bibliothèques municipales, médiathèques, etc.) sont une part importante des « centres de ressources documentaire ». Les bibliothèques « scientifiques et techniques » donc, a destination d’un public spécialisé de chercheurs, sont de grandes consommatrices de périodiques scientifiques. Ceux-ci sont en effet un outil de travail essentiel aux chercheurs. Le périodique scientifique est bien sûr un moyen de diffusion des résultats de la recherche mais aussi et surtout moyen d’évaluation du travail des chercheurs. En effet le dans le domaine de la recherche public le maintient du financement d’un scientifique tient aux résultats de l’évaluation régulière de ses travaux. A ce titre le nombre de ses articles publiés dans la presse scientifique est un indicateur important. Etre publié implique une reconnaissance de ses compétences par ses pairs, c’est en quelque sorte une validation de ses travaux.

C’est la raison pour laquelle les périodiques scientifiques constituent une part très importante des fonds dans ce type de bibliothèque, tant physiquement que financièrement. Bien sûr on compte d’autres types de ressources lorsque l’on parle des ressources électroniques, par exemple les bases de données en ligne qui sont aussi un outil important, mais les périodiques scientifiques restent malgré tout une ressource primordiale. Avec le développement de l’informatique les périodiques scientifiques ont pu adoptés le support numérique. L’Internet a quant à lui démultiplier l’offre des publications ainsi l’importance de ce type de ressources à crû elle aussi.

Tout ceci serait parfait s’il n’y avait un « hic ». Le problème tient aux pratiques des fournisseurs, Elsevier et Blackwell Publishing détenant des quasi-monopoles, qui pratiquent des prix prohibitifs et imposent des conditions d’utilisation et d’accès à leurs catalogues abusives (comme le montre François Cavalier dans cet article). Le prix des abonnements aux périodiques électroniques a augmenté rapidement en quelques années, les fournisseurs imposent toutes sortes de restrictions dans leurs contrats (limitation du nombre d’accès aux ressources par utilisateurs ou par postes, etc.), vendent les abonnements par « bouquets », ce qui contraint énormément les bibliothèques. Cette situation à amené une réaction rapide du mode de la documentation, la création de consortiums. Il s’agit d’établissements se regroupant pour négocier collectivement les contrats passés avec les fournisseurs, car comme le dit l’adage, « l’union fait la force ».

Ces bouleversements ont tout de même eu l’avantage d’insuffler un grand dynamisme dans le monde des bibliothèques. D’importants projets de collaborations ont vues le jour, de nouveaux modes d’organisation des réseaux de bibliothèques ce sont développés. Car être confronté à des conditions difficiles impose en effet de s’adapter rapidement…

Fiche de lecture n°1 : "la bibliothèque hybride"

Notice bibliographique : Brophy, Peter, « La bibliothèque hybride », BBF, 2002, n° 4, p. 14-20[en ligne] Consulté le 04 décembre 2006
Mots-clefs : bibliothèque, biblothèque traditionelle, bibliothèque virtuelle

Lien: http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2002/04/document.xsp?id=bbf-2002-04-0014-002/2002/04/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non

Résumé :

Dans cet article Peter Brophy traite du concept de « Bibliothèque hybride ». Il souligne l’intérêt de développer un type de bibliothèque combinant les points forts du modèle d’organisation de la bibliothèque traditionnelle et de la bibliothèque électronique. Il introduit son propos par une définition de la Bibliothèque hybride proposée par Chris Rusbridge, alors responsable de la mise en œuvre du « Programme des bibliothèques électroniques du Royaume-Uni » (eLib). Celui-ci insiste sur le fait qu’une bibliothèque hybride a vocation à mettre à la disposition des utilisateurs les outils lui permettant d’accéder simplement à un ensemble hétérogène de ressources, tant électroniques que papiers.

L’auteur développe dans un premier temps cette idée en répertoriant les inconvénients propres au modèle traditionnel et électronique de création et de gestion du document. Il conclut de cette comparaison que le modèle électronique, malgré ses avantages, ne peut encore être utilisé sans aucun emprunt au modèle traditionnel. Il convient donc, selon Peter Brophy, de faire cohabiter les deux types de modèles. Il évoque le cas des « guichets », points d’accès à l’information par Internet, créés afin de regrouper différents types de ressources (documents électroniques ou notices bibliographiques de documents papiers) en raison par exemple d’une thématique donnée ou encore d’une collaboration entre établissements. L’auteur se penche ensuite sur le cas d’un système de gestion de ressources électroniques mis en place par des bibliothèques universitaires du Royaume-Uni, nommé Distributed National Electronic Resource (DNR). Une évaluation menée dès 2001 à conclut que de part son approche de la question de la gestion et de la diffusion des ressources documentaires ce système, qui emprunte en fait à dix autres modèles (édition, bibliothèque traditionnelle ou encore numérique), met à profit et combine les avantages des modèles électroniques et traditionnels de gestion du document.

Dans un deuxième temps, Peter Brophy liste et analyse les principales difficultés, les problèmes d’ordre technique, qu’il reste à résoudre à la « Bibliothèque hybride » pour devenir un modèle réellement efficace. Celles-ci sont au nombre de cinq : « l’interopérabilité », « la description des ressources », « l’authentification », « l’extensibilité et la pérennité » et, finalement, « l’accessibilité ».

Tout d’abord la question de l’« interopérabilité ». Il définit cette notion comme la nécessité de permettre une « interaction harmonieuse » et automatique entre l’ensemble des applications proposées à l’utilisateur. Il peut s’agir d’interopérabilité technique (assuré l’interaction de différents système grâce notamment à l’utilisation de normes communes), sémantique (normalisation des thésaurus), humaine (processus de contrôle et de mise à disposition des ressources), intersectorielle et internationale (favoriser les échanges d’informations entre différents secteurs et cultures). La difficulté vient de la variété des supports utilisés, formats, logiciels, etc. A ce jour l’interopérabilité est loin d’être totale. Peter Brophy cite à ce titre la norme Z39.50 qui, si elle fournit des règles de paramétrages normalisées des systèmes de gestion documentaire, n’a rien d’obligatoire et reste diversement intégrée par les différents concepteurs.

Vient ensuite la question de la « description des ressources ». Il s’agit ici de s’assurer de l’homogénéité des normes de description des document individuels et des collections, ce afin de faciliter les recherches croisées. Selon Peter Brophy le problème qui se pose alors est celui de la standardisation des méta-données du Dublin-Core. Il souligne que malgré leur simplicité d’utilisation la diversité des types de méta-données utilisées nécessite de pouvoir gérer un ensemble de MD complémentaires.

« Authentification, autorisation et paiements ». On entend par là la capacité à identifier et à contrôler l’accès d’un utilisateur aux différentes ressources. Il faut pouvoir gérer la multiplication des « identités d’utilisateur » et des autorisations d’accès qui en résultent. Il est nécessaire de rationaliser les procédures d’identification des utilisateurs qui « jonglent » souvent avec plusieurs identifiants, log-in. D’où le développement d’ « Autorités de certification » qui publient des certificats numériques cryptés permettant de vérifier électroniquement l’identité d’un l’utilisateur, afin de restreindre le nombre d’identifications nécessaires.

« Extensibilité et pérennité ». L’extensibilité désigne la capacité d’un système à être appliqué à une échelle plus grande. Les freins le plus important d’un tel élargissement sont ceux du logiciel utilisé (qui ne permettra peut-être de gérer un nombre important d’usagers) et de l’effort nécessaire à la gestion du système (l’intervention humaine restant nécessaire). La pérennité désigne quant à elle la viabilité du système dans le long terme. Le problème qui se pose ici est celui du maintient et de l’adaptation d’un projet, d’une part quant à l’évolution des besoins des usagers, d’autre part quant à l’évolution des technologies utilisées (désuétude accélérée des supports et formats).

Par « Accessibilité » on entend tout simplement la capacité physique à accéder au document. En effet outre le problème de l’accès au matériel (ordinateur et connexion à Internet), c’est aussi celui de l’accès au document qui se pose pour les personnes souffrant d’un handicap physique (surdité, myopie, etc.) à mesure que les supports se diversifient (texte, image, son). Une solution envisagée est celle de l’« approche croisée systématique », qui vise à proposer un même document sous plusieurs formes pour limiter l’impact du handicap.

Selon Peter Brophy ce questionnement sur le concept de Bibliothèque hybride traduit une volonté de développer un nouveau modèle capable de répondre aux problématiques nouvelles que pose l’ère de l’information. A ce titre il est partisan d’une approche de la Bibliothèque où celle-ci joue un rôle d’intermédiaire, de filtre, entre des source d’information quasi illimitée (Internet) et l’individu, dont les capacités cognitives restent limitées.


Commentaire :

La fin de la bibliothèque « traditionnelle » tant redoutée par certains et tant attendue par d’autres, n’est clairement pas pour demain. Toutes les sources documentaires ne sont pas électroniques, tous les services ne sont pas « dématérialisable », il faut donc s’adapter à cette réalité. Il est difficile de concevoir aujourd’hui une bibliothèque, ou un centre de documentation, purement « virtuel »ou simplement « traditionnel ». Une bibliothèque dont le fonds n’est constitué que de documents papiers peut mettre en ligne un catalogue de ses ressources, mais aussi des liens vers des ressources électroniques externes que le bibliothécaire jugera de nature à susciter l’intérêt de ses lecteurs. De même une bibliothèque se voulant « immatériel » pourrait être emmené à signaler, par une notice bibliographique, un document non-électronique parce que sa pertinence imposera qu’il soit référencé. Il convient donc de trouver un modèle d’organisation, de gestion apte à intégrer cette réalité. A ce titre l’article de Peter Brophy présente le double intérêt de poser avec clarté d’une part, la nécessité d’une approche « hybride » de la gestion du document, d’autre part les difficultés techniques liées à sa mise en œuvre. Cette nécessité d’adapter le modèle d’organisation tient, nous l’avons vu, à la variété des ressources existantes et au besoin de proposer à l’utilisateur des services adaptés à son environnement de travail. Aujourd’hui encore les difficultés évoquées dans cet article ne sont pas totalement surmontées. La multiplicité des environnements documentaire est un obstacle à la circulation de l’information : un document numérique peut n’être lisible qu’avec tel logiciel, non adapté à tel système d’exploitation, le modèle de notice bibliographique utilisé par un centre de documentation peut ne pas correspondre avec celui adopter par tel autre, etc. il reste donc à mettre en place les solutions permettrant de franchir ces obstacles.