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mercredi 3 janvier 2007

Fiche de lecture n°8 : « Documentation électronique à l’université : Relevé d’impacts »

Notice bibliographique : Jolly, Claude, « Documentation électronique à l’université : Relevé d’impacts », BBF, 2003, n° 4, p. 5-8[en ligne] Consulté le 3 janvier 2007

Lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2003/04/document.xsp?id=bbf-2003-04-0005-001/2003/04/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non

Auteur : Claude Jolly

Mots-clefs : bibliothèque, réseau, université, recherche


Résumé :

Dans cet article Claude Jolly mène une analyse de l’impact du développement de la documentation numérique dans les établissements de l’enseignement supérieur. Partant du constat que les accès aux ressources numériques se multiplient et que leur part dans les budgets croit aussi fortement, l’auteur s’intéresse aux conséquences pour les services de documentation de ces établissements et pour les réseaux de bibliothèques.

En ce qui concerne les bibliothèques on constate qu’elles sont très affectées par la transformation de l’offre documentaire. Le phénomène de fusion, entre maisons d’édition ou entre grands groupes, qui touche le monde de l’édition scientifique à amené une situation où quelques grands éditeurs sont devenus incontournables, tel Elsevier. Ces éditeurs profitent de leur position de force pour imposer des prix d’abonnements à leurs collections très élevés. Parallèlement l’offre de type « bouquet » c’est largement répandue. Ces éditeurs proposent leurs titres par « pack » avec des prix plus attractif que pour les abonnements à l’unité mais des contenus imposés. La conséquence de tout cela est que l’on assiste à une homogénéisation de l’offre documentaire des bibliothèques au détriment de la diversité, de même qu’a un certain appauvrissement des fonds à cause de l’accroissement constant des budgets consacrés aux périodiques scientifiques.

Le développement du numérique à aussi impliqué des transformations de l’activité des réseaux de bibliothèques. A l’« époque » des abonnements papier on payait pour un exemplaire que l’on acquérait physiquement, qui pouvait être stocké et diffusé dans le respect du droit d’auteur. Avec les abonnements aux périodiques numériques on ne paie plus un droit de détention des revues mais un droit de consultation. Celles-ci sont archivées par le fournisseur sur ses propres serveurs. Pour les réseaux cela implique que là où leur rôle au temps de l’imprimé était d’organiser la redistribution des ressources documentaires (via le prêt entre bibliothèques par exemple), il n’est plus aujourd’hui que d’intervenir au moment de l’achat. Ainsi est née un type particulier de groupement, les consortiums (Couperin par exemple), dont le rôle est justement de négocier et de gérer l’acquisition de ressources documentaires pour ses membres. L’auteur explique que ces réseaux ne doivent pas moins continuer à s’organiser autour de bibliothèques de « références ». Celles-ci de part l’importance de leurs moyens, de leurs fonds, restent un élément moteur de l’activité de mutualisation et de coopération des réseaux de bibliothèques.

Commentaire :

Cet article aborde un thème déjà traité dans deux précédentes fiches de lecture mais sous un angle encore différent. Là où nous avions traité de deux cas concret de travail en réseau avec le consortium Couperin et le réseau de bibliothèque de l’INRIA, on prend ici encore un peu plus de recul en entamant une réflexion globale sur l’impact du développement du numérique pour les structures documentaires de l’enseignement supérieur. Le type particulier de collection numérique que sont les périodiques scientifiques en ligne est crucial pour ce type de structure. Les mutations de ce marché, des modes d’acquisition et de gestion de ces ressources ont de multiples conséquences sur l’activité des bibliothèques. Cet article nous permet d’embrasser l’ensemble de cette problématique, tant du point de la bibliothèque que du réseau, afin de mieux comprendre les implications à longs termes de ces transformations. J’ai personnellement trouvé cet article très enrichissant et vraiment bien écrit. L’approche est didactique et le cheminement de l’analyse très cohérent.

Fiche de lecture n°7 : « Les services à distance : Le réseau des bibliothèques de l’INRIA »

Notice bibliographique : Silvy, Carole ; Laurent, Pascale, « Les services à distance : Le réseau des bibliothèques de l’INRIA », BBF, 2003, n° 4, p. 57-62[en ligne] Consulté le 6 décembre 2006

Lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2003/04/document.xsp?id=bbf-2003-04-0057-011/2003/04/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non

Auteurs : Carole Silvy et Pascale Laurent

Mots-clefs : bibliothèque, réseau, INRIA

Résumé :

Cet article présente le réseau de bibliothèque de l’Institut National de Recherche en Informatique et Technique (INRIA), son historique, son fonctionnement ainsi que ses objectifs. L’INRIA est depuis 1979 un institut national et possède depuis 1983 le statut d’ « Établissement Public à caractère Scientifique et Technique ». Il se compose d’unités de recherche répartis sur 19 sites. Plusieurs équipes de direction ont en charge la gestion de l’institut. Chacun d’eux possède un domaine d’intervention propre (ressources humaines, affaires financières et juridiques, etc.). En 2001 fut créée la Direction de l’Information Scientifique et de la Communication (DISC) en charge de mené la politique de l’INIRIA dans ce domaine en coordonnant le travail des différentes structures et des documentalistes de son réseau.

L’historique du développement de ce réseau et de ces réalisation, des années 80 à nos jours, illustre comment l’équipe de documentalistes de l’INRIA à sut s’approprier l’outil informatique puis l’internet toujours avec comme objectif de favoriser le travail collaboratif et le partage de ressources entre ses équipes. Parmi ces réalisations on trouve la création en 1992, d’une plate-forme d’accès aux périodiques scientifiques papiers des centres de documentation de l’INRIA, Calliope. Cette plate-forme permettait une consultation à distance des sommaires des périodiques des différents fonds avec des fonctionnalités telles que la commande de copies numérisées, etc. A l’époque le nombre de périodique en ligne était encore faible, ce projet était donc tout à fait pertinent. Ce projet évolua dans les années qui suivirent et devint accessible à l’ensemble des équipes du réseau.

La mise en place de ce travail en réseau permet de mutualiser les ressources des bibliothèques de l’INRIA et d’adopter une vision d’ensemble de la politique documentaire à mener. Il s’agit d’une mutualisation tant humaine, par exemple par la création de groupes de travail transversaux à plusieurs sites et chargées de mettre en œuvre la politique définie, que technologique avec la mutualisation des différents fonds monographiques et d’articles. Dans cet optique les collections du réseau de bibliothèques de l’INRA ne sont plus simplement pensé comme une juxtaposition de fonds complémentaires stockés sur différents sites, mais comme s’il y avait un unique centre de documentation à partir duquel ces collections seraient misent à disposition.


Commentaire :

L’INRIA nous offre un bel exemple de travail en réseau efficace et novateur. Dans une précédente fiche de lecture sur le consortium universitaire Couperin nous avions vu comment l’organisation de bibliothèques et de centres de documentations en réseau permettait de gérer efficacement des collections de périodiques en lignes (négociations, gestion et suivi des abonnements, etc.). Ici on touche plus particulièrement à l’organisation du travail en collaboration et à la mutualisation des ressources, et donc des collections numériques. Parce qu’un des grands avantages du numérique est de permettre de constituer des collections sans contraintes de localisation physique des documents. Les centres de documentation d’organismes de recherches gèrent des fonds de plus en plus dématérialisés. Si les monographies restent en grande majorité au format papier, les abonnements aux périodiques scientifiques sont quant à eux souvent passés pour les versions électroniques de ces revues. Il incombe donc aux documentalistes de ces structures de mettre en place les outils permettant de gérer de manières efficace ces collections.

Fiche de lecture n°6 : "Couperin : Consortium universitaire de publications numériques »

Notice bibliographique : Klee, Louis, « Couperin : Consortium universitaire de publications numériques », BBF, 2006, n° 1, p. 66-71
[en ligne] Consulté le 17 novembre 2006

Mots-clefs : bibliothèque, réseau, université, recherche

Auteur : Luis Klee

Lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2006/01/document.xsp?id=bbf-2006-01-0066-011/2006/01/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non

Résumé :

Cet article présente le consortium Couperin, son mode de fonctionnement, ses objectifs, ses activités, tout en replaçant l’ensemble dans un contexte national et international. Couperin est une association de type loi 1901, qui fut créée en 1999. A l’origine son objectif principal était de négocier les abonnements aux périodiques électroniques des Services Communs de Documentation (SCD) qui y adhèrent. En 2005 les statuts de l’association firent l’objet d’une mise à jours, de même que ses objectifs, et l’on constate que son champs d’intervention c’est considérablement élargi. Couperin cherche aujourd’hui à être plus qu’un simple intermédiaire aux négociations entre ses adhérents et les éditeurs, il souhaite créer une dynamique dans ce réseau afin de favoriser la diffusion des savoirs et compétences techniques en documentation.

L’auteur précise le contexte en matière de documentation et d’édition scientifique dans lequel intervient le consortium Couperin. Au niveau international tout d’abord on constate plusieurs choses : l’offre et la demande documentaire ont explosées (les chercheurs sont contraints de publier de plus en plus d’articles) ; le marché de l’édition à profondément changé du fait d’un phénomène de concentration des maisons d’éditions qui a amené quelques éditeurs (tel Elsevier) à détenir de quasi-monopoles sur ce marché ; il en découle une forte augmentation des prix puisque les acheteurs ne peuvent plus faire jouer efficacement la concurrence ; le mouvement pour l’Open Access s’est développé en réponse à cette situation. Au niveau national on constate que les organismes de recherche, tel de CNRS, sont particulièrement actifs. Plusieurs initiatives ont vues le jour comme par exemple le Centre de Communication Scientifique Direct (CCSD) rattaché au CNRS qui à développé une plate-forme de publication libre pour les chercheurs (HAL).

Le consortium Couperin intervient donc dans un « environnement » documentaire en pleine mutation. De là découle la diversification des objectifs évoqué plus haut. L’activité de réseaux doit permettre de mutualiser les compétences et les moyens de chacun, et de donner aux organismes de recherche le recul et les outils nécessaires à la maitrise de l’édition de l’Information Scientifique et Technique. Le passage de la documentation vers le numérique à profondément changer les pratiques traditionnels et le consortium Couperin se veux être un acteur de cette transition.

Commentaire :

Cet article est très intéressant puisqu’en plus de nous présenter le consortium Couperin est ses activités, il dresse un état des lieux du contexte de la documentation et de l’édition scientifique. Les périodiques scientifiques sont un type de ressource un peu particulier. Ils ne sont utilisés que part un public restreint de spécialistes et de chercheurs mais sont et en même temps un outil de travail capital pour eux. Ainsi tout centre de documentation ou bibliothèque touchant à la recherche (SCD, centre de documentation de laboratoire de recherche, etc.) disposera d’un fonds où ces périodiques seront très importants. Le problème est que la situation de quasi monopole de certains éditeurs à amener l’apparition de pratiques abusives, notamment en matière de prix des abonnements et de gestion des antériorités. Des initiatives comme le mouvement pour l’Open Access ont heureusement vues le jour pour contrebalancer la situation. Le consortium Couperin intervient donc dans ce contexte particulier en cherchant à ajuster ses activités aux besoins actuels en savoir-faire technique. Couperin est en même temps un lieu de réflexion et de diffusion des savoirs, parfaitement dans l’esprit de l’époque qui est à la mutualisation et à la collaboartion.

Fiche de lecture n°5 : « Stratégies de numérisation : analyse comparative (...)"

Fiche de lecture n°5 : « Stratégies de numérisation : analyse comparative des programmes de la Bibliothèque nationale de France et de la Bibliothèque nationale du Québec »

Notice bibliographique : Poirier-Brèche, Véronique, « Stratégies de numérisation : Analyse comparative des programmes de la Bibliothèque nationale de France et de la Bibliothèque nationale du Québec », BBF, 2001, n° 6, p. 24-28[en ligne] Consulté le 6 décembre 2006

Mots-clefs : numérisation, Bibliothèque national de France (BnF), Bibliothèque national du Québec (BnQ)
Auteur : Véronique Poirier-Brèche
Résumé :

Dans les années 90 la Bibliothèque national de France (BnF) et la Bibliothèque national du Québec (BnQ) lancèrent toutes deux leur propre programme de numérisation en vue de la constitution de collections numériques. Cet article fait la comparaison des politiques choisies pour chacun de ces projets, tant du point du vue des objectifs que des moyens mis en œuvres. L’analyse porte sur les aspects qualitatifs, et non quantitatifs, des deux programmes car les moyens financiers n’étaient pas comparables. Là où la BnF disposait d’un budget de près de 70 millions de francs et de délais relativement longs, la BnQ ne put compter que sur un financement d’environ 7 millions de francs et des délais plus courts.

Cette comparaison révèle des différences fondamentales de politiques entre les deux projets. Tout d’abord le type d’usager visé n’est pas le même. Le projet de la BnF s’adresse plutôt à un public « intra muros », c’est à dire les usagers « physique » qui fréquente les bibliothèques. Il s’agissait de créer une collection numérique consultable en réseaux par les bibliothèques universitaires, uniquement dans leurs salles de lecture, équipées pour l’occasion d’un matériel de consultation très performant. La BnQ vise quant à elle les usagers à distance de la bibliothèque, via Internet.

Le type de ressource numérisé et le mode de sélection diffèrent eux aussi. La BnQ à cherchée à créer une collection qui soit représentative du « patrimoine culturel et populaire Québecois ». Les documents numérisés proviennent de son propre et furent sélectionnés par un comité, en fonction de critères tels que leur intérêt documentaire ou leur rareté. La BnF à pour sa part constitué sa collection à partir des fonds de plusieurs établissements. Les documents furent choisis en fonction de leur intérêt intellectuel, historique, afin de constituer une collection de type « encyclopédique » (couvrir les œuvres fondamentales de l’Antiquité à nos jours). Pour cette raison ce programme s’adresse à un public érudit, de chercheurs.

Pour ce qui est de réalisation des projets la BnQ à opté pour une réalisation exclusivement en interne, afin de limiter les couts. Elle à fait appel au personnel déjà en place pour numériser les œuvres de son propre fonds. Au contraire la BnF, ayant des moyens plus important, à put embaucher du personnel spécialisé afin de mener a bien son projet. Les deux institutions ont optées pour une numérisation en mode image plutôt qu'en mode texte.

Ces projets sont représentatifs de manières différentes de concevoir le rôle d’une bibliothèque national. Le projet Québécois est tourné vers le grand public et vise à valoriser le patrimoine du Québec, sa variété et sa rareté. Le projet français adopte quant à lui une approche beaucoup plus élitiste et vise à constituer une collection d’érudition à l’adresse des chercheurs.

Commentaire :

Malgré l’ancienneté de cet article, qui date de 2001, j’ai jugé bon de le sélectionner parce qu’il nous éclaire sur l’origine des projets de la BnF et de BnQ mais surtout parce qu’il illustre parfaitement la nature des choix « idéologiques », « intellectuels » qui président à la constitution de collection numérique à partir de fonds numérisés. Créer une telle collection suppose des contraintes budgétaires et techniques fortes. Il faut du temps, de l’argent et du matériel, du personnel, etc. Il faut donc, parce que l’on agit suivant ces nombreuses contraintes, effectuer des choix cruciaux. Que numériser ? Quelle quantité de documents ? etc. Dans ce cas il faut donc se fixer une sorte de ligne de conduite permettant de faire ces choix. Ce que montre bien cet article c’est que la collection que l’on souhaite mettre en place doit être pensée comme un "tout" pour être cohérente. En effet la nature des documents sélectionnés et le type de public vont de pairs. Il faut penser à ces aspects de la collection avant de démarrer le programme de numérisation.

lundi 1 janvier 2007

Fiche de lecture n°4 : " L’Iconothèque numérique : un nouveau service électronique pour l’université"

Notice bibliographique : Schietse, Bérengère ; Vandooren, Françoise, « L’Iconothèque : Un nouveau service électronique pour l’université », BBF, 2004, n° 2, p. 90-96[en ligne] Consulté le 6 décembre 2006

Mots-clefs : Image, iconothèque, université

Auteurs : Bérengère Schietse et Françoise Vandooren

Lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2004/02/document.xsp?id=bbf-2004-02-0090-001/2004/02/fam-apropos/apropos&statutMaitre=non&statutFils=non


Résumé :


Cet article relate la mise en place du service « iconothèque numérique » à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), en 2002. Avant la mise en place de ce service la bibliothèque de l’université gérait déjà un fonds iconographique très varié constitué de ressources utilisées par les enseignants et les étudiants. Il s’agit de supports visuels utilisés pour les cours ou encore lors de séminaires : diapositives, présentations PowerPoint et réalisations multimédias diverses. A l’époque ces collections étaient gérées séparément et stockées sur des CD. Ce mode de gestion et de consultation de ces collections n’offrait pas une pleine satisfaction et une équipe eue la charge d’élaborer un système de gestion « globale » de ce fonds. L’objectif étant de regrouper ces collections en une unique base de donnée et d’en permettre une consultation à distance il fallait donc trouver une solution technologique adéquat.

Pour ce faire une approche « cahier des charges » fut d’abord envisagée. Dans ce type d’approche on commence par définir l’ensemble des fonctionnalités que l’on attend du logiciel (les « besoins ») pour ensuite choisir parmi les solutions existantes celles qui se rapproche le plus de ce l’on attend. Il s’agit donc d’une approche « topdown », c’est à dire allant du haut (ce que l’on souhaite), vers le bas (les logiciels existants). Cependant un problème se posa rapidement : à l’époque il fut en effet difficile de définir clairement les « attentes » des enseignants car ceux-ci n’avaient qu’une vague idée de ce qui pouvait être fait. Il était donc difficile de définir une liste rigoureuse de « besoins ».

Une seconde approche fut donc envisagée, l’« étude de marché ». Ici on part de l’analyse des diverses solutions existantes pour ensuite choisir la plus adaptée au contexte. Cette approche est dite « bottom-up », on part de la base (ce qui existe) en allant vers le haut (ce dont on a besoin). Une grille d’analyse fut donc élaborée afin d’étudier et de comparer les logiciels existants et leurs fonctionnalités. Partant de là l’équipe put se faire une idée de ce qu’elle attendait de leur logiciel, de ses fonctionnalités. Il ressort de cette analyse que quatre types de logiciels existent : les systèmes de gestion de bibliothèque qui offrent un « module image » supplémentaire, les progiciels orientés « Images » ou photothèque, les progiciels orientés « GED » ainsi que les systèmes développés par des universités. Cette analyse permit de présélectionner deux logiciels, Alexandrie et ContentDM, qui furent ensuite tester en situation réelle pendant une période d’évaluation. Au final c’est le système de gestion ContentDM qui fut préféré pour son confort d’utilisation et sa convivialité.

Parallèlement à cette opération de sélection d’un logiciel, le contenu de ce qu’allait être ce nouveau service « iconothèque numérique » put être précisé. Il s’agit en l’occurrence de fournir l’encadrement nécessaire au développement des collections iconographiques de l’université (traitement et gestion documentaire, rédaction de la documentation et formation des utilisateurs, etc.) et permettre une collaboration efficace entre les intervenants dans ce service que sont les documentalistes et les enseignants. Un processus d’évaluation du service à en outre été mit en place afin d’orienter les futurs développements du service et des collections. Evaluation à la fois « quantitative » et d’ « utilisabilité » afin de répondre au mieux aux besoins des usagers du service.

Commentaire :


Cet article met en lumière deux difficultés majeures pouvant être rencontrées lors de la mise en place d’un service comme l’« iconothèque numérique », qui à une double dimension, à la fois « technologique » » puisqu’il faut mettre en place un système de gestion informatique et « humaine » puisqu’il faut coordonner le travail de différents intervenants. Tout d’abord la difficulté inhérente au choix du logiciel. On voit bien ici que l’approche de type « cahier des charges », si elle s’avère être parfaitement adaptée dans un contexte ou l’environnement technique est connu et maitrisé, est inadaptée dans une situation où il est impossible de faire de projections exactes des « besoins » auxquels doit répondre le logiciel. Ici les enseignants ne pouvaient clairement énoncer leurs attentes puisqu’ils n’avaient pas d’idée précise de ce que permet ce type d’outils. Il était donc plus judicieux d’opter pour une approche plus pragmatique consistant à analyser le marché, les produits existants, leurs fonctionnalités afin de savoir clairement ce l’on peut attendre d’un système d’exploitation.

Nous avons en outre put voir que la mise en place d’un service auquel participe différents intervenants nécessitent une certaine coordination. Le rôle de chacun doit être clairement définis et le travail encadré afin que tout se passe au mieux. Il s’agissait ici de faire collaborer professionnels de la documentation et enseignants qui interviennent à différentes étapes de la constitution et de l’alimentation des collections numériques. On retrouve souvent des cas similaires puisque les documentalistes n’ont en général pas les compétences nécessaires au traitement documentaire de ressources très spécialisées, qui nécessite l’intervention de spécialistes. Il faut donc organiser ces interactions afin que les collections soient traitées de manière homogène et cohérente.

jeudi 14 décembre 2006

Fiche de lecture n°3 : « La documentation numérique : concurrences et rivalités »

Notice bibliographique : Le Moal, Jean-Claude, « La documentation numérique : Concurrences et rivalités », BBF, 2002, n° 1, p. 68-72[en ligne] Consulté le 14 décembre 2006
Mots-clefs : édition, bibliothèque

lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2002/01/document.xsp?id=bbf-2002-01-0068-007/2002/01/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non

Résumé :

Le développement d’Internet à modifié les rapports entre les acteurs de la chaîne de création et de diffusion du savoir. L’édition numérique permet de s’affranchir des contraintes de l’imprimé (coûts et logistique importante), tout un chacun peut ainsi éditer lui-même et diffuser directement, sans intermédiaire, ses œuvres. De nouvelles concurrences sont donc apparues entre auteurs, éditeurs et intermédiaires de la chaîne de diffusion de l’information, chacun voyant son « champ » d’activité modifié. Parmi ces intermédiaires se trouvent les bibliothèques.

L’édition en ligne, puisqu’elle permet de diffuser instantanément et à moindres coûts une œuvre, concurrence et court-circuite en quelque sorte les bibliothèques. Celles-ci jouent traditionnellement le rôle d’intermédiaire à la diffusion de l’information : elles repèrent, sélectionnent et mettent à disposition des ressources pour leurs usagers. Hors on assiste depuis plusieurs années au développement de la diffusion d’informations directement d’un producteur (auteur, éditeur) vers un récepteur (lecteur), ce qui exclue donc l’intervention des bibliothèques.

Ce phénomène touche particulièrement le monde de la recherche où le mouvement des « archives ouvertes » fait son chemin. Il s’agit pour un chercheur de rendre accessible gratuitement le résultat de ses recherches sans passer par un éditeur commerciale. Il peut « auto-archiver » ses articles, c'est-à-dire les déposer dans une base (par exemple une base de pré-publications, comme la collection HAL du CCSD) où ils seront librement consultables ou encore publier dans un périodique gratuit (dans ce cas c’est l’auteur qui paie pour être publié). L’objectif de ce mouvement est avant tout de s’émanciper des grands éditeurs scientifiques qui profitent de leur position pour imposer des tarifs d’abonnement excessivement élevés, ce qui freine la diffusion du savoir.

En même temps de nouveaux intermédiaires entre en concurrence avec les bibliothèques, par exemple les éditeurs proposant leurs titres en consultation directe ou encore les producteurs de bases de données comprenant des documents en texte intégral. En outre les éditeurs, avec le passage aux périodiques électroniques, ont substitués au droit de détention du document acquis par abonnement « papier », un simple droit de consultation pour les revues électroniques. Ainsi c’est l’éditeur qui archive les revues sur ses propres serveurs et lorsqu’un abonnement prend fin on a généralement plus accès aux numéros précédemment acquis (les antériorités) même si des évolutions se font jour dans ce domaine.

Il est à noter aussi que le web favorise une certaine forme de concurrence entre bibliothèques. En effet là où la collaboration et la mutualisation devraient être une priorité, on constate au contraire une profusion d’initiatives isolées favorisant les redondances d’informations. C’est le cas lorsque des bibliothèques archivent sur leurs propres serveurs des ressources accessibles en ligne. Il fait donc poursuivre l’activité des réseaux afin d’optimiser l’action des bibliothèques. Les consortiums créés afin de négocier avec les éditeurs au nom de leurs adhérents sont un exemple de l’évolution de l’activité des réseaux (par exemple le consortium Couperin). De même concernant la numérisation des fonds il faut aussi chercher la coordination afin d’effectuer les choix les plus judicieux.

Ces multiples formes de concurrences font croire à certains que les bibliothèques, et à fortiori des bibliothécaires, sont aujourd’hui inutiles. Hors l’intégration de l’outil numérique, du web, donne aux bibliothèques la capacité de développer des services en adéquation avec les besoins actuels. Il faut donc s’approprier ces nouveaux outils et favoriser la coopération et la mutualisation entre établissements afin que les bibliothèques, de toutes sortes, trouvent leur place dans la société de l’information.


Commentaire :

Le développement du numérique a considérablement transformé le modèle traditionnel de la chaîne éditorial. Le rôle de chaque acteur est devenu moins clairement délimité, il y a eu « chevauchement » des domaine d’interventions, auteurs et éditeurs pouvant aisément éditer eux-mêmes leurs ressources. De nouvelles concurrences se sont ainsi développées. Cette évolution n’a pas épargné les bibliothèques dont la fin fut annoncé comme le fut celle du document papier. Il est vrai qu’Internet, en temps que fantastique réservoir d’information, concurrence les bibliothèques dans leur rôle de diffuseur d’information, de nombreuses ressources pertinentes étant accessibles instantanément aux internautes.

Pourtant cette prédiction ne tient pas compte du savoir-faire des professionnels de la documentation en matière de gestion et de référencement des ressources. Car la croissance exponentielle des informations rend aussi beaucoup plus délicat leur repérage et leur évaluation. En cela les documentalistes apportent une réelle plus-value à l’information qu’ils diffusent puisqu’un travail de sélection et de validation est effectué en amont. Le métier de la documentation peut donc tirer avantage de cette situation est faire valoir des compétences de gestion de l’information devenue primordiale à l’ère, justement, de l’information.

La collaboration entre établissements au travers, par exemple de réseaux et de consortiums est un moyen d’optimiser le travail des bibliothèques. Répartir les fonds et les coûts permet d’envisager une politique documentaire globale, dépassant les contingences locales. Les fonds ainsi constitués gagne en variété tout en étant clairement référencés. En outre l’acquisition et la diffusion de l’information ont toujours un coût. Dans bien des cas les contraintes économiques freinent la constitution de collections et le maintient de leur diversité. La mutualisation est alors un moyen efficace de surmonter ces contraintes financières au profit de la qualité des fonds.

Les professionnels de la documentation ont aujourd’hui les moyens d’intégrer les évolutions technologiques pour enrichir la gamme des services qu’ils peuvent proposer. Il faut mettre à profit ces avancés et suivre l’évolution des besoins des usagers. De nos jour la bibliothèque n’est plus seulement un lieu de stockage du savoir, un simple centre de ressources, elle devient actrice du référencement du « puit-sans-fond » du savoir qu’est le web.

dimanche 10 décembre 2006

Fiche de lecture n°2 : « Les acquisitions dans le contexte électronique »

Notice bibliographique : Cavalier, François, « Les acquisitions dans le contexte électronique », BBF, 2006, n° 1, p. 62-65[en ligne] Consulté le 04 décembre 2006

Mots-clefs : acquisition, ressource électronique
Lien : http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2006/01/document.xsp?id=bbf-2006-01-0062-010/2006/01/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non


Résumé :

Dans cet article François Cavalier dresse un panorama des modèles économiques actuels d’acquisition de ressources électroniques et en analyse les implications pour les bibliothèques. Il s’intéresse plus particulièrement à l’acquisition de ressources au moyen des consortiums et souligne l’importance du rôle qu’ils ont à jouer.

Il dénombre actuellement cinq modèles économiques principaux. Le modèle « Papier + électronique (surcoût électronique : E-fee) » : Ici l’établissement paie un droit d’accès à la consultation en ligne de la totalité ou d’une partie de la collection d’un fournisseur, en plus de son abonnement à la version « papier ». Ce droit de consultation prend fin quand la redevance n’est plus payée. Les modèles « Electronique + papier (Remise sur papier : DDP) » et « Tout électronique (E-only) » : Dans ces cas il n’y a pas d’abonnement à la collection papier mais uniquement à la version électronique. Le prix de cet abonnement est équivalent à celui de l’imprimé mais le prix d’acquisition des documents papier est plus faible. Pour finir les modèles d’« Échantillonnage suivant la taille de l’établissement », où le prix est fonction du nombre d’usagers, et le « Paiement à la transaction (pay per view) » où l’on paye la consultation de documents à l’unité.

Dans tout ces cas l’archivage des ressources électroniques est effectué par le fournisseur lui-même, sur ses propres serveurs. La bibliothèque n’a donc qu’un droit d’usage sur les documents, non de détention. Au contraire l’acquisition d’imprimé permettait à l’acheteur de détenir physiquement les documents acquis. Le risque encouru est que le fournisseur, soumis aux lois du marché, fasse faillite. Dans ce cas les archives sont tout bonnement perdues. C’est donc la question de la pérennité des collections électroniques constituées par les bibliothèques qui est mise en question. François Cavalier évoque comme solution à ce problème le cas de l’université de Strasbourg, membre du consortium Couperin, qui a obtenue le droit d’archiver sur ses propres serveurs, les données obtenues par son abonnement à Science Direct et ainsi d’assurer la pérennité de sa collection.

Ces modèles économiques ont en outre favorisé l’émergence de nouvelles pratiques commerciales chez les fournisseurs d’abonnements, qui possèdent généralement d’important « portefeuilles » de titres. Ceux-ci vendent les abonnements par « packs » moyennant des prix plus attractifs que pour les abonnements au détail. Par contre le contenu de ces « packs » est imposé par le fournisseur, l’acheteur ne peut le modifier. Il peut s’agir de packs comprenant l’ensemble des titres du catalogue ou encore de packs plus restreints, limité à quelques titres prédéfinis. La conséquence pour les bibliothèques membres de consortium est qu’elle se trouve obliger de payer pour tout un ensemble d’abonnements à des collections, qui pour certaines, leur sont inutile. C’est ce qui ressort notamment de la dernière négociation (au moment de la rédaction de cet article) d’importants organismes scientifiques avec le fournisseur Science Direct. Les choix de chacun de ces établissements, dans les différents « packs » proposés par ce fournisseur, ne se recoupaient dans le meilleur des cas qu’à 70%. La solution qui s’impose alors est celle de l’abonnement à la totalité du catalogue.

Cette standardisation de l’offre des fournisseurs à une autre conséquence, celle d’uniformiser l’offre documentaire des établissements d’enseignement supérieur, d’homogénéiser les ressources proposées. Ceci bouleverse l’activité traditionnelle des réseaux de bibliothèques. Au « temps » de l’imprimé, qui impose une restriction du nombre des collections de chaque établissements (manque de place, coûts du maintient des stocks) ce mode de coopération permettait d’assurer l’accès à une grande variété de ressources, via par exemple le prêt entre établissements. Aujourd’hui les bibliothèques ne demande plus au « réseau » d’assurer cette variété, puisque chaque établissement à accès en ligne aux mêmes collections, mais de jouer le rôle de « négociateur » face aux fournisseurs. C’est le rôle que joue les consortiums qui en même temps dynamisent et renforcent les réseaux par leurs actions. Il est à noter que cette uniformisation peut aussi être considéré comme positive car elle permet aux chercheurs, indépendamment de leur lieu d’exercice et de leur discipline, d’accéder à un même « réservoir » de ressources.


Commentaire :

Les consortiums sont nés d’une réaction aux « abus » des fournisseurs de ressources électroniques. Je voudrais préciser avant tout ce que l’on entend ici par ressources électroniques.

Les bibliothèques « scientifiques et techniques » (bibliothèques d’universités, de laboratoires, etc.) bien que moins visibles que leurs consoeurs grand public (bibliothèques municipales, médiathèques, etc.) sont une part importante des « centres de ressources documentaire ». Les bibliothèques « scientifiques et techniques » donc, a destination d’un public spécialisé de chercheurs, sont de grandes consommatrices de périodiques scientifiques. Ceux-ci sont en effet un outil de travail essentiel aux chercheurs. Le périodique scientifique est bien sûr un moyen de diffusion des résultats de la recherche mais aussi et surtout moyen d’évaluation du travail des chercheurs. En effet le dans le domaine de la recherche public le maintient du financement d’un scientifique tient aux résultats de l’évaluation régulière de ses travaux. A ce titre le nombre de ses articles publiés dans la presse scientifique est un indicateur important. Etre publié implique une reconnaissance de ses compétences par ses pairs, c’est en quelque sorte une validation de ses travaux.

C’est la raison pour laquelle les périodiques scientifiques constituent une part très importante des fonds dans ce type de bibliothèque, tant physiquement que financièrement. Bien sûr on compte d’autres types de ressources lorsque l’on parle des ressources électroniques, par exemple les bases de données en ligne qui sont aussi un outil important, mais les périodiques scientifiques restent malgré tout une ressource primordiale. Avec le développement de l’informatique les périodiques scientifiques ont pu adoptés le support numérique. L’Internet a quant à lui démultiplier l’offre des publications ainsi l’importance de ce type de ressources à crû elle aussi.

Tout ceci serait parfait s’il n’y avait un « hic ». Le problème tient aux pratiques des fournisseurs, Elsevier et Blackwell Publishing détenant des quasi-monopoles, qui pratiquent des prix prohibitifs et imposent des conditions d’utilisation et d’accès à leurs catalogues abusives (comme le montre François Cavalier dans cet article). Le prix des abonnements aux périodiques électroniques a augmenté rapidement en quelques années, les fournisseurs imposent toutes sortes de restrictions dans leurs contrats (limitation du nombre d’accès aux ressources par utilisateurs ou par postes, etc.), vendent les abonnements par « bouquets », ce qui contraint énormément les bibliothèques. Cette situation à amené une réaction rapide du mode de la documentation, la création de consortiums. Il s’agit d’établissements se regroupant pour négocier collectivement les contrats passés avec les fournisseurs, car comme le dit l’adage, « l’union fait la force ».

Ces bouleversements ont tout de même eu l’avantage d’insuffler un grand dynamisme dans le monde des bibliothèques. D’importants projets de collaborations ont vues le jour, de nouveaux modes d’organisation des réseaux de bibliothèques ce sont développés. Car être confronté à des conditions difficiles impose en effet de s’adapter rapidement…

Fiche de lecture n°1 : "la bibliothèque hybride"

Notice bibliographique : Brophy, Peter, « La bibliothèque hybride », BBF, 2002, n° 4, p. 14-20[en ligne] Consulté le 04 décembre 2006
Mots-clefs : bibliothèque, biblothèque traditionelle, bibliothèque virtuelle

Lien: http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/frontoffice/2002/04/document.xsp?id=bbf-2002-04-0014-002/2002/04/fam-dossier/dossier&statutMaitre=non&statutFils=non

Résumé :

Dans cet article Peter Brophy traite du concept de « Bibliothèque hybride ». Il souligne l’intérêt de développer un type de bibliothèque combinant les points forts du modèle d’organisation de la bibliothèque traditionnelle et de la bibliothèque électronique. Il introduit son propos par une définition de la Bibliothèque hybride proposée par Chris Rusbridge, alors responsable de la mise en œuvre du « Programme des bibliothèques électroniques du Royaume-Uni » (eLib). Celui-ci insiste sur le fait qu’une bibliothèque hybride a vocation à mettre à la disposition des utilisateurs les outils lui permettant d’accéder simplement à un ensemble hétérogène de ressources, tant électroniques que papiers.

L’auteur développe dans un premier temps cette idée en répertoriant les inconvénients propres au modèle traditionnel et électronique de création et de gestion du document. Il conclut de cette comparaison que le modèle électronique, malgré ses avantages, ne peut encore être utilisé sans aucun emprunt au modèle traditionnel. Il convient donc, selon Peter Brophy, de faire cohabiter les deux types de modèles. Il évoque le cas des « guichets », points d’accès à l’information par Internet, créés afin de regrouper différents types de ressources (documents électroniques ou notices bibliographiques de documents papiers) en raison par exemple d’une thématique donnée ou encore d’une collaboration entre établissements. L’auteur se penche ensuite sur le cas d’un système de gestion de ressources électroniques mis en place par des bibliothèques universitaires du Royaume-Uni, nommé Distributed National Electronic Resource (DNR). Une évaluation menée dès 2001 à conclut que de part son approche de la question de la gestion et de la diffusion des ressources documentaires ce système, qui emprunte en fait à dix autres modèles (édition, bibliothèque traditionnelle ou encore numérique), met à profit et combine les avantages des modèles électroniques et traditionnels de gestion du document.

Dans un deuxième temps, Peter Brophy liste et analyse les principales difficultés, les problèmes d’ordre technique, qu’il reste à résoudre à la « Bibliothèque hybride » pour devenir un modèle réellement efficace. Celles-ci sont au nombre de cinq : « l’interopérabilité », « la description des ressources », « l’authentification », « l’extensibilité et la pérennité » et, finalement, « l’accessibilité ».

Tout d’abord la question de l’« interopérabilité ». Il définit cette notion comme la nécessité de permettre une « interaction harmonieuse » et automatique entre l’ensemble des applications proposées à l’utilisateur. Il peut s’agir d’interopérabilité technique (assuré l’interaction de différents système grâce notamment à l’utilisation de normes communes), sémantique (normalisation des thésaurus), humaine (processus de contrôle et de mise à disposition des ressources), intersectorielle et internationale (favoriser les échanges d’informations entre différents secteurs et cultures). La difficulté vient de la variété des supports utilisés, formats, logiciels, etc. A ce jour l’interopérabilité est loin d’être totale. Peter Brophy cite à ce titre la norme Z39.50 qui, si elle fournit des règles de paramétrages normalisées des systèmes de gestion documentaire, n’a rien d’obligatoire et reste diversement intégrée par les différents concepteurs.

Vient ensuite la question de la « description des ressources ». Il s’agit ici de s’assurer de l’homogénéité des normes de description des document individuels et des collections, ce afin de faciliter les recherches croisées. Selon Peter Brophy le problème qui se pose alors est celui de la standardisation des méta-données du Dublin-Core. Il souligne que malgré leur simplicité d’utilisation la diversité des types de méta-données utilisées nécessite de pouvoir gérer un ensemble de MD complémentaires.

« Authentification, autorisation et paiements ». On entend par là la capacité à identifier et à contrôler l’accès d’un utilisateur aux différentes ressources. Il faut pouvoir gérer la multiplication des « identités d’utilisateur » et des autorisations d’accès qui en résultent. Il est nécessaire de rationaliser les procédures d’identification des utilisateurs qui « jonglent » souvent avec plusieurs identifiants, log-in. D’où le développement d’ « Autorités de certification » qui publient des certificats numériques cryptés permettant de vérifier électroniquement l’identité d’un l’utilisateur, afin de restreindre le nombre d’identifications nécessaires.

« Extensibilité et pérennité ». L’extensibilité désigne la capacité d’un système à être appliqué à une échelle plus grande. Les freins le plus important d’un tel élargissement sont ceux du logiciel utilisé (qui ne permettra peut-être de gérer un nombre important d’usagers) et de l’effort nécessaire à la gestion du système (l’intervention humaine restant nécessaire). La pérennité désigne quant à elle la viabilité du système dans le long terme. Le problème qui se pose ici est celui du maintient et de l’adaptation d’un projet, d’une part quant à l’évolution des besoins des usagers, d’autre part quant à l’évolution des technologies utilisées (désuétude accélérée des supports et formats).

Par « Accessibilité » on entend tout simplement la capacité physique à accéder au document. En effet outre le problème de l’accès au matériel (ordinateur et connexion à Internet), c’est aussi celui de l’accès au document qui se pose pour les personnes souffrant d’un handicap physique (surdité, myopie, etc.) à mesure que les supports se diversifient (texte, image, son). Une solution envisagée est celle de l’« approche croisée systématique », qui vise à proposer un même document sous plusieurs formes pour limiter l’impact du handicap.

Selon Peter Brophy ce questionnement sur le concept de Bibliothèque hybride traduit une volonté de développer un nouveau modèle capable de répondre aux problématiques nouvelles que pose l’ère de l’information. A ce titre il est partisan d’une approche de la Bibliothèque où celle-ci joue un rôle d’intermédiaire, de filtre, entre des source d’information quasi illimitée (Internet) et l’individu, dont les capacités cognitives restent limitées.


Commentaire :

La fin de la bibliothèque « traditionnelle » tant redoutée par certains et tant attendue par d’autres, n’est clairement pas pour demain. Toutes les sources documentaires ne sont pas électroniques, tous les services ne sont pas « dématérialisable », il faut donc s’adapter à cette réalité. Il est difficile de concevoir aujourd’hui une bibliothèque, ou un centre de documentation, purement « virtuel »ou simplement « traditionnel ». Une bibliothèque dont le fonds n’est constitué que de documents papiers peut mettre en ligne un catalogue de ses ressources, mais aussi des liens vers des ressources électroniques externes que le bibliothécaire jugera de nature à susciter l’intérêt de ses lecteurs. De même une bibliothèque se voulant « immatériel » pourrait être emmené à signaler, par une notice bibliographique, un document non-électronique parce que sa pertinence imposera qu’il soit référencé. Il convient donc de trouver un modèle d’organisation, de gestion apte à intégrer cette réalité. A ce titre l’article de Peter Brophy présente le double intérêt de poser avec clarté d’une part, la nécessité d’une approche « hybride » de la gestion du document, d’autre part les difficultés techniques liées à sa mise en œuvre. Cette nécessité d’adapter le modèle d’organisation tient, nous l’avons vu, à la variété des ressources existantes et au besoin de proposer à l’utilisateur des services adaptés à son environnement de travail. Aujourd’hui encore les difficultés évoquées dans cet article ne sont pas totalement surmontées. La multiplicité des environnements documentaire est un obstacle à la circulation de l’information : un document numérique peut n’être lisible qu’avec tel logiciel, non adapté à tel système d’exploitation, le modèle de notice bibliographique utilisé par un centre de documentation peut ne pas correspondre avec celui adopter par tel autre, etc. il reste donc à mettre en place les solutions permettrant de franchir ces obstacles.